Facebook propose aux utilisateurs d’applications utilisant le Facebook Login, un mode ‘anonymous’, sans partage de données. Attendu depuis longtemps, le besoin était évident. Mais pour les applications, quels sont les impacts ?

Lors du F8, le 30 avril, Mark Zuckerberg a annoncé une évolution majeure sur la plateforme : la possibilité d’utiliser de façon invisible, une App tiers. La gestion et le partage des données personnelles des utilisateurs étant évidemment un enjeu important pour les Facebookers, impactant d’une certaine façon tout le modèle économique de Facebook (des Ads jusqu’aux développeurs sur le Plateforme), cette nouvelle sera accueillie à bras ouverts par +1 Milliard d’utilisateurs.

Côté expérience utilisateur / développement technique / CRM, essayons d’évaluer les impacts immédiats d’une connexion en mode anonyme.

>> UX <<

Evidemment, depuis plusieurs années, le Social Design, qui consiste à créer des interfaces digitales en se basant notamment sur les graphes des utilisateurs (leur intérêts, leurs amis, etc.), a permis de créer des applications plus fidélisantes, plus intéressantes, plus rentables, et, surtout, plus virales. Notamment dans le Social Gaming. En récupérant vos amis, il est facile de les inviter pour débloquer de nouveaux levels. En récupérant vos films préférés, il est plus facile de vous proposer les nouvelles sorties de la semaine qui seront le plus susceptibles de vous intéresser. Pour les applications les plus innovantes en termes de Social Design, il y aura deux expériences distinctes : une en anonyme, l’autre en FB connecté.

>> Hacking <<

Le mode anonyme, ou bien la gestion unitaire des permissions annoncée aussi au F8 2014, impose au développeur de gérer des cas supplémentaires. Quid d’un utilisateur qui accepte de partager son email, mais pas sa liste d’amis, ou bien ses check-ins, mais pas ses interests ? Chacune des fonctionnalités de l’application devra être contrôlable à travers la gestion des nombreuses exceptions.

>> Data <<

Le mode anonyme ne permettra plus d’accéder à d’énormes bases de données, dont certains éditeurs / annonceurs sont friands, parfois à des fins purement statistiques.

Ce nouveau mode va clairement dans le bon sens : non seulement concernant la privacy des utilisateurs d’apps, mais aussi sur la qualité des applications. En effet, c’est aussi un moyen pour Facebook de pousser les développeurs à proposer un expérience de qualité en mode anonyme, qui pourra s’enrichir par des données sociales à la suite d’une connexion FB. Ainsi, on peut penser que les Apps qui n’utiliseront la connexion FB qu’à des fins virales par exemple (écriture sur les Timelines, invitations d’amis intempestives) auront un fort taux d’utilisateurs en mode anonyme. La persuasion sera désormais le maître-mot de l’UX. Les données, ça se mérite !

Xavier

Article publié par Xavier BK dans SocialMedia

le 1 mai 2014